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Jodye - Autiste une autre syntaxe
Jodye écrit ce qu'elle ne peux pas dire.
Une artiste autiste qui, grâce aux nouvelles technologies peut nous partager son monde intérieur.
Visitez sa chaîne youtube !
Jodye écrit ce qu'elle ne peux pas dire.
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Fausse croyance N°1 : Les personnes autistes n’ont pas d’émotions
Cette idée vient souvent du fait que leurs réactions ne correspondent pas à ce que l’on attend.
Le visage peut rester neutre.
La voix peut sembler plate.
Cette idée vient souvent du fait que leurs réactions ne correspondent pas à ce que l’on attend.
Le visage peut rester neutre.
La voix peut sembler plate.
La réaction peut arriver plus tard, ou paraître disproportionnée.
Mais en réalité, les personnes autistes ressentent les émotions très intensément.
Parfois même trop intensément.
Le cerveau traite les informations différemment.
Les sons, les images, les mots, les sensations corporelles arrivent en même temps, sans filtre suffisant.
Quand tout arrive en bloc, l’émotion devient difficile à identifier, à nommer, et encore plus à exprimer.
Certaines personnes autistes ne montrent pas ce qu’elles ressentent.
D’autres le montrent trop.
Dans les deux cas, l’émotion est bien là.
L’autisme n’est pas une absence d’émotions.
C’est un autre fonctionnement émotionnel et sensoriel.
Fausse croyance N°2 - L’autisme se voit
Cette idée vient du fait qu’on associe encore le handicap à des signes visibles.
Un fauteuil.
Une canne.
Cette idée vient du fait qu’on associe encore le handicap à des signes visibles.
Un fauteuil.
Une canne.
Un comportement immédiatement repérable.
Mais l’autisme, dans la majorité des cas, ne se voit pas.
Le fonctionnement est interne.
Il concerne la manière dont le cerveau traite les sons, les lumières, les informations sociales, les émotions, le langage implicite.
Tout cela se passe à l’intérieur.
Une personne autiste peut parler, travailler, avoir une famille, sourire, plaisanter.
Et pourtant vivre une surcharge permanente.
Un bruit trop fort.
Une lumière trop agressive.
Une conversation trop rapide.
Un environnement trop rempli.
Ce qui ne se voit pas n’est pas inexistant.
Cela demande simplement plus d’énergie pour s’adapter.
Souvent au prix d’une grande fatigue, de stress, ou d’effondrements différés.
L’autisme ne se voit pas forcément.
Mais il se vit, au quotidien.
Fausse croyance N°3 - Les personnes autistes ne veulent pas de relations sociales
Cette idée vient souvent du fait qu’elles évitent certaines situations.
Les soirées.
Les discussions de groupe.
Cette idée vient souvent du fait qu’elles évitent certaines situations.
Les soirées.
Les discussions de groupe.
Les échanges informels.
Mais éviter n’est pas ne pas vouloir.
Pour beaucoup de personnes autistes, les relations sociales demandent un effort immense.
Il faut décoder les sous-entendus.
Les expressions du visage.
Le ton de la voix.
Les règles implicites qui changent selon les contextes.
Pendant que d’autres parlent spontanément,
la personne autiste analyse, anticipe, corrige, s’adapte.
Tout cela en temps réel.
Ce n’est pas un manque d’intérêt pour les autres.
C’est une surcharge cognitive et sensorielle.
Beaucoup de personnes autistes souhaitent des liens.
Des relations sincères.
Prévisibles.
Sécurisantes.
Souvent en petit nombre, mais profondes.
Ce qui fatigue, ce n’est pas la relation.
C’est le bruit social qui l’entoure.
Les personnes autistes ne rejettent pas les autres.
Fausse croyance N°4 - Si une personne parle bien, elle n’est pas autiste
Cette croyance repose sur une confusion entre la maîtrise du langage et le fonctionnement neurologique global.
Parler correctement, utiliser un vocabulaire riche, structurer ses phrases et expliquer ses idées donne souvent l’impression que la communication est fluide et que tout se passe sans difficulté.
Or le langage n’est qu’une partie du fonctionnement.
Cette croyance repose sur une confusion entre la maîtrise du langage et le fonctionnement neurologique global.
Parler correctement, utiliser un vocabulaire riche, structurer ses phrases et expliquer ses idées donne souvent l’impression que la communication est fluide et que tout se passe sans difficulté.
Or le langage n’est qu’une partie du fonctionnement.
Une personne autiste peut parfaitement maîtriser la parole tout en étant en difficulté dans d’autres domaines essentiels.
La perception du bruit, de la lumière ou des stimulations multiples peut être envahissante.
Les changements imprévus, les interactions sociales, les règles implicites et la gestion émotionnelle peuvent demander un effort constant, invisible de l’extérieur.
La parole ne protège pas de la surcharge sensorielle.
Elle ne protège pas de la fatigue sociale liée aux interactions répétées.
Elle ne protège pas de l’épuisement provoqué par l’adaptation permanente à un environnement qui n’est pas pensé pour ce fonctionnement.
Chez de nombreuses personnes autistes, le langage devient même un outil de compensation.
Il sert à expliquer, à rationaliser, à anticiper les attentes et parfois à masquer les difficultés pour éviter les incompréhensions ou les jugements.
Ce qui ne se perçoit pas dans les mots se manifeste souvent autrement.
Par une fatigue chronique.
Par des tensions corporelles.
Par de l’anxiété ou des effondrements différés, une fois l’effort terminé.
Bien parler n’efface pas l’autisme.
Cela le rend simplement moins visible, au prix d’un coût souvent élevé pour la personne concernée.
Fausse croyance N°5 - Les crises sont des caprices
Cette interprétation apparaît lorsque l’on se concentre uniquement sur ce qui est visible.
Des pleurs, des cris, un refus d’obéir ou une perte de contrôle apparente donnent l’impression d’un comportement volontaire, destiné à provoquer ou à obtenir quelque chose.
Mais une crise autistique n’est pas un choix.
Cette interprétation apparaît lorsque l’on se concentre uniquement sur ce qui est visible.
Des pleurs, des cris, un refus d’obéir ou une perte de contrôle apparente donnent l’impression d’un comportement volontaire, destiné à provoquer ou à obtenir quelque chose.
Mais une crise autistique n’est pas un choix.
Elle survient lorsque le cerveau est soumis à une surcharge qu’il n’est plus capable de gérer.
L’accumulation de stimulations sensorielles, comme le bruit, la lumière ou les mouvements, combinée à des exigences sociales, émotionnelles ou cognitives trop importantes, finit par dépasser les capacités de régulation du système nerveux.
À ce stade, le cerveau ne parvient plus à filtrer les informations.
Le corps bascule en mode d’alerte, comme face à un danger, et la réaction devient automatique.
Il ne s’agit plus d’un comportement contrôlé, mais d’une réponse physiologique de survie. Dans ce contexte, parler de provocation ou de manipulation n’a pas de sens.
La personne ne cherche ni à défier l’autorité ni à obtenir un avantage.
Elle est simplement dépassée par une situation devenue ingérable.
Une crise ne se règle donc pas par la sanction ou la punition.
Ces réponses augmentent la pression et renforcent la détresse.
Ce qui permet de réduire les crises, c’est l’anticipation des situations difficiles, l’identification des déclencheurs et l’adaptation de l’environnement afin de limiter la surcharge.
Les crises ne sont pas des caprices.
Ce sont des signaux d’alarme indiquant qu’un seuil a été dépassé et qu’un ajustement est nécessaire.
Fausse croyance N°6 - L’autisme est un problème d’éducation
Cette idée apparaît lorsque l’on pense qu’un cadre plus strict, davantage d’autorité ou une discipline renforcée suffiraient à faire disparaître les difficultés observées.
On interprète alors les comportements comme des manques de règles ou des refus d’obéir, en supposant qu’ils pourraient être corrigés par une meilleure éducation.
Mais l’autisme n’est pas un comportement appris.
Cette idée apparaît lorsque l’on pense qu’un cadre plus strict, davantage d’autorité ou une discipline renforcée suffiraient à faire disparaître les difficultés observées.
On interprète alors les comportements comme des manques de règles ou des refus d’obéir, en supposant qu’ils pourraient être corrigés par une meilleure éducation.
Mais l’autisme n’est pas un comportement appris.
Il s’agit d’un fonctionnement neurologique.
Le cerveau traite différemment les informations sensorielles, sociales et émotionnelles, ce qui influence la manière de percevoir le monde, de réagir aux stimulations et de gérer les interactions.
Un enfant autiste ne manque pas de limites.
Il peut manquer d’outils pour réguler ce qu’il ressent, ou être confronté à un environnement qui ne correspond pas à son fonctionnement neurologique.
Dans ces conditions, certaines situations deviennent difficiles, voire impossibles à gérer, malgré la compréhension des règles.
Punir n’apprend pas à filtrer le bruit.
Répéter une consigne n’efface pas une surcharge sensorielle.
Forcer ne rend pas un cerveau plus conforme aux normes neurotypiques.
Ce qui permet réellement de réduire les difficultés, c’est la compréhension du fonctionnement autistique, l’adaptation de l’environnement et un accompagnement qui soutient plutôt qu’il ne contraint.
L’autisme ne résulte pas d’un problème d’éducation.
Il est présent avant toute éducation et nécessite une approche adaptée, et non une correction.
Fausse croyance N°7 - Tout le monde est un peu autiste
Cette phrase est souvent prononcée avec une intention apaisante.
Elle vise à relativiser, à rassurer ou à créer un sentiment de proximité en soulignant des points communs entre les expériences humaines.
Mais cette formulation efface une réalité fondamentale.
Cette phrase est souvent prononcée avec une intention apaisante.
Elle vise à relativiser, à rassurer ou à créer un sentiment de proximité en soulignant des points communs entre les expériences humaines.
Mais cette formulation efface une réalité fondamentale.
Avoir certains traits isolés, comme aimer la routine, être sensible au bruit ou rencontrer des difficultés sociales à certains moments de la vie, ne signifie pas vivre avec un trouble du spectre de l’autisme.
Ces caractéristiques peuvent exister chez tout le monde, de manière ponctuelle ou contextuelle, sans constituer un fonctionnement neurologique spécifique.
L’autisme correspond à un fonctionnement global du cerveau, présent dès l’enfance, qui influence durablement la manière de percevoir le monde, d’entrer en relation avec les autres et de gérer les exigences du quotidien.
Il a des répercussions concrètes sur les relations sociales, la scolarité, le travail et la santé mentale, bien au-delà de simples particularités de caractère.
Réduire l’autisme à quelques traits communs revient à ignorer l’ampleur des adaptations nécessaires pour vivre dans un environnement majoritairement pensé pour des fonctionnements neurotypiques.
Cela minimise aussi les difficultés réelles et persistantes rencontrées au quotidien par les personnes concernées.
Tout le monde peut partager certains traits.
Mais tout le monde ne vit pas avec l’autisme ni avec les contraintes qu’il implique.
Fausse croyance N°8 - Les personnes autistes ne comprennent pas l’humour
Cette idée vient du fait que certaines blagues ne déclenchent aucune réaction visible.
L’absence de rire, de sourire ou de réponse attendue est alors interprétée comme un manque de compréhension ou d’intérêt.
Mais l’humour n’est pas une compétence unique et universelle.
Cette idée vient du fait que certaines blagues ne déclenchent aucune réaction visible.
L’absence de rire, de sourire ou de réponse attendue est alors interprétée comme un manque de compréhension ou d’intérêt.
Mais l’humour n’est pas une compétence unique et universelle.
De nombreuses formes d’humour reposent sur l’implicite, le second degré, l’ironie ou les sous-entendus, et nécessitent de décoder des intentions sociales non exprimées clairement.
Pour une personne autiste, ce n’est pas l’humour en lui-même qui pose difficulté, mais le flou qui entoure ces règles non dites et changeantes.
Comprendre ce type d’humour demande de repérer rapidement ce qui n’est pas dit, d’interpréter le ton, le contexte social, les attentes de l’interlocuteur et parfois même les normes du groupe.
Ce traitement simultané de multiples informations peut être coûteux sur le plan cognitif et détourner l’attention du contenu humoristique lui-même.
En revanche, l’humour clair, logique ou absurde, basé sur les mots, les situations, l’observation ou les décalages explicites, est souvent très bien compris par les personnes autistes, et parfois même particulièrement apprécié.
Dans ces formes d’humour, les règles sont visibles et le sens ne dépend pas d’une intention sociale ambiguë à deviner.
Ce qui peut donc manquer dans certaines situations, ce n’est pas le sens de l’humour, mais la capacité ou l’envie de décoder des messages implicites complexes.
Les personnes autistes ne sont pas dépourvues d’humour.
Elles rient simplement à des endroits différents, là où le sens est clair et accessible.
Fausse croyance N°9 - Avec des efforts, l’autisme disparaît
Cette idée repose sur une confusion fréquente entre l’adaptation et la disparition des difficultés.
Lorsque qu’une personne autiste semble aller mieux, communiquer plus facilement ou s’intégrer davantage, on en déduit parfois qu’elle a dépassé son autisme ou qu’il s’est atténué avec le temps.
Mais l’autisme ne disparaît pas.
Cette idée repose sur une confusion fréquente entre l’adaptation et la disparition des difficultés.
Lorsque qu’une personne autiste semble aller mieux, communiquer plus facilement ou s’intégrer davantage, on en déduit parfois qu’elle a dépassé son autisme ou qu’il s’est atténué avec le temps.
Mais l’autisme ne disparaît pas.
Ce qui évolue, ce sont les stratégies mises en place pour s’adapter à un environnement majoritairement pensé pour des fonctionnements neurotypiques.
Observer les autres, anticiper les situations, imiter les comportements attendus et se corriger en permanence deviennent des mécanismes quotidiens, souvent appris très tôt.
Ces stratégies peuvent permettre de fonctionner en société et de répondre aux attentes extérieures.
Elles ne modifient cependant pas le fonctionnement neurologique de base.
Elles demandent un effort constant, qui s’accumule avec le temps et se traduit souvent par une fatigue profonde, un stress chronique ou, dans certains cas, un épuisement brutal connu sous le nom de burn-out autistique.
Faire des efforts ne rend pas un cerveau neurotypique.
Cela permet seulement de tenir dans un environnement qui ne tient pas compte des besoins spécifiques liés à l’autisme.
L’autisme n’est pas quelque chose que l’on efface par la volonté ou l’adaptation.
C’est un fonctionnement avec lequel on vit, et qui devient plus supportable lorsque l’environnement s’adapte lui aussi.